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Photo © Agathe Poupeney / Photoscene.fr

Nombrer les étoiles, Alban Richard

Alban Richard, fraîchement directeur du CCN de Caen, nous propose, dans sa dernière création Nombrer les étoiles, une ballade dans la pénombre.

Quand on entre sur scène, ils sont tous déjà là, danseurs, danseuses et musiciennes, tous de noir vêtus ils chuchotent et marchent. Le public s’installe, la lumière s’atténue, la promenade peut commencer. La singularité de chaque musique est pour Alban Richard génératrice de mouvements, qu’elle soit contemporaine, classique ou électronique. Dans sa dernière création Alban Richard nous invite à plonger dans une forme littéraire et musicale du Moyen-Age : la ballade, composée de trois couplets d’un refrain et d’une demi strophe ; la danse se propose de suivre cette structure.

Trois couplets, donc trois duos. Le premier duo est basé sur la respiration, la respiration comme moteur de mouvement. Tandis que l’inspire est vue comme propulsion d’un mouvement vers le haut l’expire, elle, propose une détente et un mouvement vers le bas. Le second duo propose une respiration rapide, brève, chacun répondant à l’autre, on a affaire à un combat de ventilation. Toutes ces respirations ne sont pas sans rappeler certains songbooks de John Cage.

Les trois musiciennes jouent et chantent des ballades, mais plus encore, elles mêmes se promènent dans l’espace scénique, elles ne sont pas arrimées à une seule place. Les instruments et les voix que l’ensemble Alla francesca fait magnifiquement raisonner sur scène en live permet à la musique et à la danse de s’entremêler, même si bien souvent c’est la musique qui semble suivre la danse. Alors que les musiciennes n’ont d’yeux que pour les interprètes, eux, bien souvent restent enfermés dans leurs « baller¹».

En guise de demi-strophe : les cinq danseurs se rejoignent sur scène. Ils tournent et soufflent, un tournoiement de feuilles en plein automne nous apparaît alors, mais les mouvements vont se faire convulsifs, les légers soufflements vont se faire grognements, la lumière va se faire éclat, les corps vont se faire monstrueux. Une musique techno va alors fortement retentir puis plus rien, la musique se stoppe. Le dernier duo se place alors sur scène et propose de nous faire entendre la musique de la danse… dans le silence le spectateur peut simplement entendre le bruit d’une articulation qui craque, d’un pied qui glisse, d’un plancher qui grince.

¹ Le mot « baller » est utilisé ici pour remplacer le mot danse. La ballade vient du mot « baller » qui signifie danser.

Vu au CCN de Caen. Conception, chorégraphique Alban Richard. Musique Ballades médiévales du XII° au XIV° siècle ensemble Alla francesca : Vivabiancaluna Biffi chant et vièle à archet, Christel Boiron chant, Brigitte Lesne chant, harpe-psaltérion, percussions. Créé et interprété par Romain Bertet, Mélanie Cholet, Max Fossati, Lauri Giodano et Yannick Hugron. Lumière Valèrie Sigward. Son Felix Perdreau. Photo © Agathe Poupeney / Photoscene.fr

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Publié le 26/04/2016


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