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Ola Maciejewska

BOMBYX MORI, Ola Maciejewska

Sa performance Loïe Fuller : Recherche présentée dans l’atrium du Centre national de la danse, pendant le week-end OUVERTURE en octobre dernier, avait médusé les visiteurs hagards. Avec un simple costume de soie dans lequel se cachent deux tiges de bambou, la jeune chorégraphe polonaise Ola Maciejewska revisitait Serpentine Dance, célèbre solo de Loïe Fuller, danseuse américaine et pionnière de la danse moderne. Sublimées par une lumière solaire émanant des grandes baies vitrées de la façade du bâtiment, Ola Maciejewska activait deux « robes dansantes » l’une après l’autre sous les regards émerveillés des spectateurs.

De ce court solo, Ola Maciejewska a fait germer une nouvelle recherche plastique qui puise une nouvelle fois son potentiel poétique dans les volutes fascinantes des robes dansantes de Loïe Fuller. Intitulé BOMBYX MORI, cette nouvelle création tire son nom du papillon Bombyx du mûrier, forme adulte du ver à soie. La nature hybride des images et des formes que révèlent ces trois figures, animées ici par Ola Maciejewska, Roberto Martínez et Malika Djardi (qui est entièrement nue sous son costume), trouvent des lectures inédites.

Apres avoir déployé lentement leurs costumes sur le sol et pris le temps d’observer le résultat rituelique de leurs actions, les trois danseurs se glissent dessous avant de s’ériger comme trois fantômes saillis par des visages impassibles. Ils font virevolter le tissu qui se déploie dans l’espace sous la forme de grandes volutes éphémères et insaisissables, les têtes disparaissent dans les flots permanent des voiles noires et les silhouettes humaines se métamorphosent en sculptures abstraites et parfois terrifiantes.

Le souffle et le rire des danseurs sont amplifiés et démultipliés par des micros dissimulés, ils captent le son des capes qui fendent l’air provoquant de bruyants ressacs, vagues invisibles qui s’abattent et résonnent contre l’architecture du plateau. Très intense, la chorégraphie épuise les formes et les corps. On reste fasciné tout du long par la capacité de ces costumes à produire des images spectaculaires d’une beauté hypnotisante.

Vu à la Ménagerie de verre, dans le cadre du festival Les Inaccoutumés. Conception et chorégraphie Ola Maciejewska. Avec Ola Maciejewska, Malika Djardi et Roberto Martínez. Costume Valentine Sole. Création son et lumière Thomas Laigle. Photo de Martin Argyroglo.

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Publié le 25/11/2015


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