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Delphine_Micheli

Concordan(s)e 2017 : DD Dorvillier & Catherine Meurisse / Frank Micheletti & Charles Robinson

« Une rencontre inédite entre un chorégraphe et un écrivain ». Une rencontre entre le spectateur et deux mondes artistiques unis sur scène. C’est la proposition initiale de Concordan(s)e, festival créé et dirigé par Jean-François Munnier. Chaque édition, des commandes sont passées par le festival à un(e) chorégraphe et à un(e) écrivain(e), dans l’objectif de faire se rencontrer sur scène deux domaines d’expertise et deux univers artistiques différents. Le 15 mars 2017, à la Maison de la Poésie à Paris, la chorégraphe DD Dorvillier et l’écrivaine Catherine Meurisse ainsi que le chorégraphe Frank Micheletti et l’écrivain Charles Robinson ont performé leurs rencontres respectives.

Vois-tu celle-là qui s’enfuit, de DD Dorvillier et Catherine Meurisse

Le spectateur remarque tout de suite sur le plateau un micro, de grandes feuilles blanches rectangulaires qui tapissent le sol et un écran de projection illuminé. Son attention est également attirée par une installation située à droite de la scène : une table de dessin.

DD Dorvillier est une chorégraphe américaine qui travaille depuis les années 90 sur la performance, la danse et l’interdisciplinarité. Catherine Meurisse est dessinatrice de presse et auteure de bande dessinée. À travers cette rencontre, les deux artistes explorent leur fascination pour Les Niobides, statues du jardin de la Villa Médicis. Les figures, l’ombre et le mouvement sont créés, recherchés et réinventés à travers la narrative.

Sur scène, la chorégraphe propose une figure : un cheval, la dessinatrice positionne alors ses mains sur la table qui sont projetées sur l’écran. Une nouvelle figure est proposée : une femme qui pleure, une nouvelle position des mains est projetée. Le jeu de mouvement, de récit et de reproduction projetée est exploré tout au long de la pièce, un parcours est performé, l’histoire des Niobides est racontée et trois dessins sont créés avec des techniques différentes.

Une danse figurative, moins physique que sensible à l’expressivité et au récit, est proposée par la chorégraphe. Sans se perdre dans une théâtralité ou dans une démonstration littérale, cette danse invite plutôt à imaginer et à se laisser porter par les sentiments décrits par le texte. Le parcours proposé par les dessins est force de proposition. Les personnages qui s’y mêlent sont des ombres qui s’enfuient, une femme qui implore, un héros, une déesse des vents et des mers.

La danse s’achève par l’accrochage des larges feuilles blanches sur l’écran de projection, dévoilant des dessins cachés. Ces derniers récapitulent les figures et les personnages de ce voyage lyrique et évoquent une métaphore, intentionnelle ou pas, des couches d’histoire qui se superposent, se remodèlent, se redessinent, de manière littérale et figurative en même temps.

Delphine Micheli

The spleen de Frank Micheletti et Charles Robinson

Changement de décor, changement d’ambiance. Frank Micheletti et Charles Robinson entrent sur scène habillés en cowboys. Ils commencent à décrire une scène digne d’un western américain, avec toutes ses intrigues et… s’arrêttent. Finalement, non, cela ne leur plaît pas. Changement de décor, changement d’ambiance. Désormais c’est l’histoire des difficultés humaines face à la vie contemporaine. Cette fois, oui, cela leur parle plus.

La performance, pleine de dérision et d’humour du début à la fin, semble sortie tout droit d’un roman. Charles Robinson, écrivain qui explore différents outils pour parler de la politique et de la poétique du monde, apporte au texte de la performance une dynamique, mais aussi son talent de comédien. En incarnant le personnage du Chacal, un détective qui cherche la cause du mal-être des humains, l’écrivain montre sa capacité à saisir des détails et à les mettre en exergue de manière poignante.

Frank Micheletti, quant à lui, a été formé au théâtre puis a évolué comme danseur et chorégraphe. Depuis 20 ans, il est à la tête de sa compagnie Kubilai Khan Investigations. À travers un parcours très varié, l’artiste explore différentes formes de collaborations avec les arts plastiques et avec la composition musicale tout au long de ses créations. Pour The spleen Frank Micheletti traduit d’abord en mouvement le texte récité par Charles Robinson. C’est une danse athlétique, parfois chaotique, parfois illustratrice d’épisodes courants de la vie quotidienne. Quand le Chacal part à la recherche de ses ennemies, Frank Micheletti donne le ton de la chasse. Une lumière rouge envahit la scène, des sons dispersés dans la salle et des discours proclamés en voix off multiplient les effets sonores déployés depuis une installation située à gauche de la scène. Il va même jusqu’à incarner une jeune fille, une spleeneuse, cherchée par le Chacal.

Ce délire léger est basé sur un problème réel et tangible de nos vies quotidiennes : le trop plein, l’accumulation, l’excès de toxines dans nos corps et l’incapacité de s’en débarrasser. Cette performance tente d’exsuder le spleen qui empoisonne nos existences en prenant le chemin inverse : celui du défoulement.

Vois-tu celle-là qui s’enfuit
Le 22/03/17 à la Bibliothèque André Malraux, Les Lilas
Le 23/03/17 au Bal à Paris
Le 25/03/17 à la Bibliothèque Robert Desnos à Bagnolet

The spleen
Le 27/03/17 à La Chaufferie à Villetaneuse
Le 28/03/17 à la Bibliothèque Cyrano de Bergerac à Clichy-sous-Bois
Le 30/03/17 à La Briqueterie CDC – Vitry-sur-Seine

Photo © Delphine Micheli

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Publié le 20/03/2017


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