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Konstantin Lipatov

CONCRETE, Maud Le Pladec

C’est fraichement nommée à la direction du Centre Chorégraphique National d’Orléans et « compagnie à rayonnement national et international » par le Ministère de la Culture et de la Communication, que la chorégraphe Maud Le Pladec a présenté le 14 juin dernier au Festival June Events à Vincennes sa dernière création CONCRETE, grand concert chorégraphique pour cinq danseurs et neuf musiciens.

Depuis sa toute première pièce Professor (2010), la musique contemporaine est au coeur du travail de Maud Le Pladec. Ses deux premiers opus Professor et Poetry (2011) formaient déjà un diptyque autour de l’oeuvre du compositeur italien Fausto Romitelli. Sa dernière création CONCRETE (2015) fait suite à Ominous Funk, Dystopia (2012) et Democracy (2013) et clôt un triptyque autour du collectif de musique new-yorkais Bang on Can all Stars.

Du seul guitariste [Tom Pauwels] de Poetry aux quatre bassistes [de l’ensemble TaCTus] de Democracy, le nombre de musiciens sur les plateaux de Maud de Pladec n’a cessé de croître depuis son premier opus et finit aujourd’hui par surpasser le nombre de danseurs. Dans CONCRETE – pièce grand format – la chorégraphe invite un orchestre réduit [clarinettes, percussions, guitare électrique, flûte, etc] à venir tutoyer les danseurs sur le plateau.

Après Cheating, Lying, Stealing et Stick Figure de David Lang, et Dark Full Ride Julia Wolf, Maud Le Pladec s’attaque à Trance du compositeur Michael Gordon. La chorégraphe s’entoure une nouvelle fois des musiciens de l’Ensemble ICTUS et réunit cinq danseurs [Olga Dukhovnaya, Maria Silva, Julien Gallée-Ferré, Corinne Garcia et Régis Badel] déjà tous aperçus dans ses précédentes pièces. Une belle équipe donc.

La créatrice lumière Sylvie Mélis, qui signe ici sa quatrième collaboration avec la chorégraphe, marque de son empreinte toute l’oeuvre de Maud Le Pladec. Stroboscopique, colorée, obscure ou intense, la lumière tient ici, à l’instar des précédentes propositions chorégraphiques de Maud de Pladec, une place très importante dans la dramaturgie et dans l’identité visuelle de la pièce.

Des plateaux mobiles au sol éclatent lentement l’espace du plateau et la disposition des musiciens. Les corps sont littéralement habités par la musique, la partition chorégraphique et le déplacement des danseurs – principalement des soli – suivent l’évolution et les variations de la partition musicale de Michael Gordon.

Le rôle des interprètes était déjà multiple dans Democracy et les statuts sont toujours aussi minces dans CONCRETE ; en témoigne la rangée de pieds de micro au devant de la scène : les danseurs sont ici également chanteurs. Un travail habile de la voix (les danseurs ont travaillé avec la merveilleuse chanteuse Dalila Khatir) et de musique font de ce concert une véritable performance scénique aussi vivifiante qu’enivrante.

CONCRETE est sans aucun doute la proposition la plus ambitieuse de Maud Le Pladec – cette nouvelle création rassemble et exacerbe tous les éléments déjà présents dans le travail de la chogréaphe (musique live, lumière, scénographie) – et c’est avec brio qu’elle signe un grand opéra néo-punk rock, véritable plaisir, autant pour les yeux que pour les oreilles.

Vu au Festival June Events à la Cartoucherie à Vincennes. Chorégraphie Maud Le Pladec. Scénographie lumière Sylvie Mélis. Musique Michael Gordon. Musique live Ensemble Ictus. Répétition voix Dalila Khatir. Scénographie: Vincent Gadras. Costumes Alexandra Bertaut. Avec Régis Badel, Olga Dukovnaya, Julien Gallée-Ferré, Corinne Garcia et Maria Ferreira Silva. Photo de Konstantin Lipatov.

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Publié le 28/06/2016


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