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Delphine_Micheli

CONCORDAN(S)E 2017 : Je n’ai jamais eu envie de disparaître, Pierre Ducrozet & Maud Le Pladec

Concordan(s)e propose depuis désormais onze ans la rencontre fortuite entre un chorégraphe et un écrivain qui ne se connaissent pas, pour élaborer ensemble une petite pièce dansée d’une trentaine de minutes. Le projet, à vocation itinérante, est présenté dans des bibliothèques ou des centres d’art ; ce soir-là c’est dans le studio de la Briqueterie que nous retrouvons le duo complice formé par la chorégraphe Maud le Pladec et l’écrivain Pierre Ducrozet.

Je n’ai jamais eu envie de disparaître présente la mise en geste et en voix d’un texte commun, écrit à quatre mains. Ici la pièce livre le récit délicieux d’une autobiographie chorégraphique en quelques courts fragments, sur le mode d’une confidence à fleur de peau. Tous deux côte à côte sur le plateau éprouvent par les mots l’intimité de leurs propres corps, les manières propres à chacun de mouvoir par la voix et le geste un corps un corps agile ou plus engourdi. L’écrivain tente l’audace de réciter son texte en équilibre sur une jambe : les oscillations incertaines de son buste accentuent le rythme de ses phrases. Leurs corps résonnent d’une présence commune et la gestuelle singulière de la chorégraphe, douce et aérienne, presque enfantine, est reprise en écho par l’écrivain. Sur le plateau nu, deux enceintes rouges diffusent par instants quelques airs d’une musique énergique. Chacun munis d’un pupitre qu’ils déplient peu à peu, ils laissent leurs voix se mêler : le timbre doux de Maud Le Pladec s’accorde à celui plus rugueux de Pierre Ducrozet. Parfois ils s’engagent dans un véritable corps à corps et leurs phrases se succèdent à mesure que leurs mains se lient.

La complicité qui les lie est manifeste, et l’on surprend entre eux de furtifs regards amusés ou de plus francs sourires, lorsqu’ils inclinent doucement la tête l’un vers l’autre. Ainsi prend forme à partir de presque rien une proposition singulière pour prêter attention aux gestes qui accompagnent le récit, à moins que ce ne soit l’inverse : le texte se mâtine des mots de la danse et tous deux disent faire avec cette expérience un pas vers l’autre, puis l’accomplissent.

Vu à La Briqueterie / Centre de développement chorégraphique du Val-de-Marne. Avec Maud le Pladec et Pierre Ducrozet. Photo © Delphine Micheli. 

Prochaines dates 
Le 18 mars 2017, au Colombier à Bagnolet
Le 20 mars 2017, à la Maison de la poésie à Paris

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Publié le 13/03/2017


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