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Marie Pons

Prière de ne pas détruire / Dancing Museums / Musée du Louvre

Sous l’égide du programme Dancing Museum, Prière de ne pas détruire se veut une déambulation, ici dans le département Antiquités orientales du Musée du Louvre. La chorégraphe Tatiana Julien et son groupe d’interprètes proposent aux visiteurs une autre manière de regarder les œuvres, et mêlent la danse contemporaine à la statuaire du musée.

Une voix désincarnée nous invite à se « laisser traverser » par la performance ; elle fait le récit des œuvres qui nous entourent ; l’histoire de la pierre fragmentée, des stèles brisées et des bustes démembrés. Les interprètent se figent devant une sculpture acéphale, contournent les ronde-bosse. Ils longent les bas-reliefs et les visages de pierre se mêlent aux leurs : une lente procession accompagnée d’un chant doucement psalmodié qui les mène vers la salle suivante. Au détour d’une galerie une danseuse en combinaison dorée se contorsionne face à deux statues de marbre qui la contemplent d’un air impassible.

Nous sommes quelquefois distanciés par les danseurs, qui se faufilent dans la foule compacte du public : on ne peut que les entendre, apercevoir leur reflet à travers les vitrines. À genoux ils miment une course au ralenti, de part et d’autre d’un bas-relief, et cherchent dans leurs mouvements à saisir l’attitude tranquille et solennelle des figures de pierre ; leur souffle court résonne contre les parois de pierre. Ils se retrouvent et forment une pyramide de corps, un fragile équilibre collectif qui contraste avec les statues qui les entourent, solidement fixées sur leurs socles.  Les danseurs se dispersent et avec eux l’attention du public ; nos regards se croisent alors qu’ils disparaissent derrière les rangées de spectateurs qui font cercle autour d’eux.

On retrouve les danseurs dans une vaste salle sans œuvres ; ils sautillent et tournent sur eux-mêmes, pendant que les spectateurs pris de vertige quittent un à un la salle. Ne subsiste qu’une atmosphère étrange à la fin de la représentation, lorsque les spectateurs se retrouvent au milieu des stèles et conversent.

La volonté de Dancing Museum était d’offrir aux visiteurs le travail réalisé lors d’ateliers in situ avec des amateurs. Les propositions chorégraphiques qui en résultent demeurent cependant assez fades, sans doute parce que l’attention qu’ils prêtent au lieu dans lequel ils dansent est troublée par la présence du public, venu en nombre pour assister à un projet atypique mais peut-être encore inabouti.

Vu au Musée du Louvre. Chorégraphie de Tatiana Julien, assistée de Juan Dante Murillo, Fabio Novembrini, Connor Schumacher et Lucy Suggate.Avec Anastasia Comte, My-Ahn Garnot, Amanda Guesdon, Jean Max Mayer, Jean-Louis Morance, Leslie Pranal, Yvan Robin, clara Borgen, Nivine Chaikhoun, Annie Belet et Lorenz-Jack Chaillat. DANCING MUSEUMS est un projet de partenariat novateur mené par La Briqueterie en association avec quatre centres européens dédiés à la danse et huit musées de renommée internationale, destiné à explorer de nouvelles méthodes d’interaction avec le public. Photos de Marie Pons.

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Publié le 22/03/2016


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