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Anne-Van-Aerschot

Rain, Anne Teresa De Keersmaeker

Alors que la chorégraphe Anne Teresa De Keersmaeker s’apprête à créer une mise en scène de l’opéra Così fan tutte de Wolfgang Amadeus Mozart à l’Opéra de Paris dans quelques jours, la nouvelle production de sa pièce Rain est programmée pour la première fois en Île-de-France au Théâtre de Sartrouville dans les Yvelines. Cette pièce phare de la chorégraphe flamande, créée en 2001 (reprit en 2011 et 2014 par le ballet de l’Opéra de Paris) est aujourd’hui interprétée par une nouvelle génération de jeunes danseurs et confirme son statut, seize ans après sa création, d’oeuvre majeur de la danse.

De Béla Bartók à Gérard Grisey, en passant par Brian Eno, du minimal au jazz, la musique a toujours été la matrice de chacune des pièces d’Anne Teresa De Keersmaeker. Chorégraphié sur Music for 18 Musicians de Steve Reich, Rain est le troisième rendez-vous de la chorégraphe, après Fase (1982) et Drumming (1998), avec la musique du compositeur américain. La relation entre musique et danse se tisse ici dans une parfaite symbiose au sein d’un écrin circulaire : un grand rideau de cordes grises enferme les dix danseurs – trois hommes et sept femmes – dans un espace en demi cercle dont le sol est recouvert par une grande composition géométrique.

Tout comme la musique de Reich, la chorégraphie déferle sur le plateau sans discontinuer. Baignés dans une lumière chaude, les corps inondent peu à peu l’ensemble de l’espace, courent le long du grand rideau. Camaïeu chair, puis rosé et gris perle, leurs costumes sont légers, les tissus virevoltent et soulignent délicatement la silhouette des danseurs. Les regards complices se croisent, les dix interprètes semblent s’abandonner dans un plaisir partagé de danser. L’éclairage coloré évolue avec la teinte des costumes, les ombres projetés dédoublent les figures dansantes. L’écriture foisonnante de Keersmaeker est sous-tendue par des principes géométriques – ici le motif de la spirale – les corps se déploient en canon, les mouvements et les déplacements se font en symétrie, en miroir. Portée par l’énergie intarissable du collectif, la partition de Rain est une véritable orgie chorégraphique.

En tournée dans toute la France jusqu’à l’été prochain, Rain n’est pas la seule pièce de la compagnie Rosas à trouver une seconde vie. Anne Teresa De Keersmaeker présentera également en février prochain au Kaaitheater à Bruxelles une nouvelle version de son quatuor A Love Suprême (2005) avec une distribution de jeunes danseurs (puis en avril au 104 à Paris). Pour boucler la boucle, la pièce Drumming Live « soeur jumelle de Rain » sera reprise par le ballet de l’Opéra de Paris du 1er au 15 juillet 2017 avec les musiciens de l’Ensemble Ictus à l’Opéra Garnier. Ce début d’année 2017 sera donc sans équivoque très Keersmaeker.

Vu au Théâtre Sartrouville Yvelines CDN. Chorégraphie Anne Teresa De Keersmaeker. Avec Laura Bachman, Léa Dubois, Anika Edström Kawaji, Zoi Efstathiou, Yuika Hashimoto, Laura Maria Poletti, Soa Ratsifandrihana, Frank Gizycki, Lav Crnčević et Luka Švajda. Musique Music for 18 Musicians de Steve Reich. Scénographie et lumière Jan Versweyveld. Costumes Dries Van Noten. Photo © Anne Van Aerschot.

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Publié le 22/01/2017


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