| Qui nous sommes | Nous contacter ›


Photo © Richard Louvet

…Although I live inside… my hair will always reach toward the sun… Robyn Orlin & Sophiatou Kossoko

La chorégraphe sud-africaine Robyn Orlin et la danseuse franco-béninoise Sophiatou Kossoko ont élaboré en 2004 …Although I live inside… my hair will always reach towards the sun… (…Bien que je vive à l’intérieur… mes cheveux pousseront toujours vers le soleil…) lors de Montpellier danse. Une pièce rejouée en 2016 dans le « théâtre de verdure » des jardins du château de la Ballue, à Bazouges la Pérouse, lors de la cinquième édition du festival Extension Sauvage initié et dirigé par les artistes Latifa Laâbissi et Nadia Lauro. Une pièce qui se sert des attentes d’une chorégraphe envers sa danseuse, de l’efficacité de sa narration et de son interprétation, pour secouer le public durant 45 minutes.

Sophiatou Kossoko, sandales à talons dorés, robe à fleur satinée, sous lequel elle porte un maillot de bain une pièce doré, coupe afro, fait quelques pas sur La gadoue de Jane Birkin en apportant de grandes théières zébrées de couleurs. « Voici ce que ma chorégraphe me fait faire… J’ai bien essayé de lui dire que les théières n’étaient pas nécessaires mais elle m’a répondue » : « Well, well, you know Sophiatou… » ; « …Et je me suis laissé convaincre. Elle m’a même demandé de faire ça ». Ce ça, c’est une chorégraphie sur Toute la musique que j’aime (« …elle vient de là, elle vient du blues… ») de Johnny Halliday, s’écrouler dans des piscines gonflables sorties des buissons, manger de l’herbe en marchant à quatre pattes (« …le blues ça veut dire que je t’aime… »). La narration d’…Although I live inside… my hair will always reach towards the sun… autorise un comique fait de débordements. Le ridicule des situations, voulu par la chorégraphe et l’interprète, est anticipé, orienté par le récit de Sophiatou Kossoko qui, relatant son travaille avec Robyn Orlin, rend cette dernière – absente de l’espace scénique – responsable de ses déboires, de ses frustrations de danseuse.

Derrière la frustration feinte, il y a la gratification pour Sophiatou Kossoko de pouvoir manier l’absurde, avec assurance, revendiquant un statut de danseuse africaine contemporaine, affirmant une « oui-danse ». Une danse qui malgré les plaintes adressées à Robyn Orlin est sensuelle, sexuelle, festive. …Although I live inside… my hair will always reach towards the sun… emploie la dérision en permanence, comme lorsque Sophiatou Kossoko montera sur ces palettes de bois pour installer les piscines gonflables, placer un jet d’eau au sommet, et transformer le dénivelé en cascade de plastique le long de laquelle elle réunira le public et lui demandera de danser, by the river, en Bretagne. Come on and dance! enjoint Sophiatou Kossoko. No exit. Just do it ! Sophiatou Kossoko transmet cette volonté de danser, parvient à faire danser amateurs et professionnels, en maîtresse de cérémonie funky – sortie d’un ouvrage de Lewis Carroll, aux côtés de ce chapelier qui essaye de faire entrer un loir dans une théière dans Les aventures d’Alice au pays des merveilles.

Performance vue dans les jardins du château de la Ballue à Bazouges la Pérouse, dans le cadre de la cinquième édition du festival Extension Sauvage. Chorégraphie : Robyn Orlin. Interprétation : Sophiatou Kossoko. Régie technique : Jean-Pierre Gazeau. Photo © Richard Louvet.

Par

Publié le 08/07/2016


Partagez cette page


http://maculture.fr/danse/robyn-orlin-sophiatou-kossoko/