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Sergio Boris délocalise Buenos Aires à Aubervilliers

Buenos Aires, un quartier périphérique, la nuit. Dans l’arrière-salle d’une pharmacie, une fête s’improvise avec cinq personnages : deux frères, un représentant médical et deux travestis en quête d’injections d’hormones. Créé en 2011 à Buenos Aires, Viejo, solo y puto est présenté pour la première fois à Paris et en Île-de-France à La Commune à Aubervilliers. Pour l’occasion, le metteur en scène Sergio Boris a accepté de répondre à quelques-unes de nos questions.

Pouvez-vous nous parler de ce qui vous a motivé dans la création de Viejo, solo y puto ?

Au départ, c’était le désir désespéré de travailler avec les acteurs, avec ces acteurs. Et puis c’était d’essayer de se glisser dans un corps, un corps d’acteur, expressif et dramatique, à la croisée des deux mondes : la pharmacie et le travestissement.

Pourquoi présenter Viejo, solo y puto dans une pharmacie ?

La pharmacie n’apparaît jamais dans sa globalité mais par fragment : le labyrinthe de rayonnages, les médicaments, les cloisons, le rideau de douche, la seringue. Cette espace permet de raconter de nombreuses histoires.

Vous avez fait le choix de travailler avec uniquement des interprètes masculins, c’est une façon de brouiller les identités ?

Aucun des cinq comédiens n’interprète un personnage au sein de la pièce. Je me réfère au personnage dans ses dimensions psychologique, identitaire, toujours égal à lui-même. Jusqu’où l’acteur doit arriver, en l’interprétant. L’acteur alterne entre la musicalité du récit théâtral, et fait irruption dans ses multiples couches qui coexistent. L’acteur n’est pas habité par des personnalités, mais par des flux, des rythmes, des images, des états. Et finalement un art dramatique. La dernière grimace.

Nous parlons de cinéma-documentaire, peut-on parler aujourd’hui de « théâtre- documentaire » ?

Je ne crois pas dans le théâtre-documentaire. Il ne s’agit pas de générer une retranscription de quelque chose qui arrive dans la réalité pour le regard bourgeois. À supposer qu’il y ait des réalités et des réalités. La réalité des bas mondes nous émeut. Nous savons, cependant, que la réalité est aussi un autre discours. Alors nous volons des signes, nous nous les approprions. Il ne s’agit pas d’être un miroir ou un miroir déformant. Avec cette pièce, nos intentions sont de générer un monde où le réel se mêle à des forces et des noyaux puissants pour que dans le développement des liens entre les personnages une intensité poétique et thématique puisse être racontée. Le sujet est plus à percevoir comme un flux et non comme une référence.

Traduction Evan Astier

Viejo, solo y puto, un spectacle de Sergio Boris. Avec Patricio Aramburu, Jorge Eiro, Marcelo Ferrari, Darío Guersenzvaig, Federico Liss. En argentin surtitré. Du 8 au 29 janvier 2015 à la La Commune, Centre Dramatique National d’Aubervilliers.

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Publié le 30/12/2014


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