| Qui nous sommes | Nous contacter ›


CASTOR ET POLLUX -

Castor et Pollux / Jean-Philippe Rameau, Christian Schiaretti

Année Rameau oblige, le Théâtre des Champs-Elysées présente Castor et Pollux dans sa version de 1754, opéra aussi rare au disque que sur la scène.

Christian Schiaretti, le metteur en scène et son décorateur Rudy Sabounghi, ont l’excellente idée de donner pour cadre aux événements un prolongement du décor du Théâtre des Champs-Elysées lui-même. La continuité entre les espaces publiques du théâtre et le plateau est saisissante. Comme si Perret, Denis, Bourdelle et Lalique s’étaient à nouveau associés pour réaliser ce décor : marbre gris clair, pilastres dorés, fresques pastel, verrière florale. Ce choix est d’autant plus judicieux qu’il permet d’évoquer la Grèce classique, temps et espace du drame représenté. De ce fait, le spectateur n’est dès lors plus simplement convié à un spectacle à l’intérêt esthétique mais aussi à juger du sens moral qui s’en dégage : jusqu’où peuvent pousser les liens du sang ? Cette fidélité de l’équipe assurant la mise en scène à la finalité même de l’opéra classique français est assurément sa plus belle réussite.

Les passages dansés ont été confiés à Andonis Foniadakis. Malgré l’engagement physique indéniable des danseurs, la grammaire chorégraphique proposée est brouillonne et monotone. Elle ne s’adapte aux situations dramatiques que dans de trop rares occasions (les scènes de batailles, enfers).

CASTOR ET POLLUX

La distribution vocale ne compte aucun chanteur dont le français serait la langue maternelle. Or le récitatif de l’opéra français, et notamment celui de Rameau, exige une maîtrise absolue du français et de sa prosodie. Dès lors, la dimension technique du chant semble accaparer toute l’attention des interprètes, au détriment de l’émotion. L’air «  Tristes apprêts » de Télaïre porte bien son nom tant il échoue à émouvoir. Exception faite cependant du Pollux d’Edwin Crossley-Mercer qui maîtrise son personnage tant vocalement que psychologiquement. Même si son rôle est moins central dans cette version, le chœur parvient avec brio à associer clarté et émotion.

Hervé Niquet à la direction du Concert Spirituel mène cette partition avec vigueur, voire un brin de fougue, même s’il sait ménager des tempi plus paisibles, notamment lors des scènes aux Champs-Elysées. L’ensemble de l’orchestre domine cette partition tout aussi technique que sensible.

Vu au Théâtre des Champs-Elysées à Paris. Castor et Pollux de Jean-Philippe Rameau, tragédie lyrique en cinq actes (version de 1754). Livret de Pierre-Joseph Bernard, Hervé Niquet direction, Christian Schiaretti mise en scène, Florent Siaud  dramaturgie, Andonis Foniadakis  chorégraphie, Rudy Sabounghi  décors, Thibaut Welchlin  costumes, Laurent Castaingt  lumières. Avec John Tessier, Edwin Crossley-Mercer, Omo Bello, Michèle Losier, Jean Teitgen, Reinoud van Mechelen, Hasnaa Bennani Cléone, Marc Labonnette. Le Concert Spirituel. Chœur du Concert Spirituel. Photo de Vincent Pontet-WikiSpectacle.

Castor et Pollux, mise en scène par Christian Schiaretti, du 13 au 21 octobre 2014 au Théâtre des Champs-Elysées à Paris.

Par

Publié le 14/10/2014


Partagez cette page


http://maculture.fr/opera/castor-pollux-jean-philippe-rameau-christian-schiaretti/