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Oncle Vania, Éric Lacascade

Une boule à facettes est suspendue au plafond de la salle, où les spectateurs discutent encore fébrilement. Sur scène, un banquet se prépare. Bientôt, un petit groupe se presse vers la scène : ce sont eux, les invités impatiemment attendus. Les festivités battent leur plein, puis s’estompent pour laisser place peu à peu à la mélancolie et la résignation.

Fidèle aux textes (Oncle Vania et L’Homme des bois s’enchevêtrent ici), Eric Lacascade s’accorde une certaine liberté d’adaptation, donnant lieu à des traits d’humour et un jeu parfois exubérant. On rit souvent. Une telle intrusion du comique peut surprendre, mais elle est souvent bienvenue – à l’exception de quelques scènes un peu grotesques qui échappent à la si subtile musique composée par l’auteur. On rit, mais pour mieux voir resurgir le désarroi de ces hommes, ce désespoir qui nous les rend à la fois si détestables et si attachants.

Les décors d’Emmanuel Clolus et les lumières de Philippe Berthomé s’accordent subtilement. Les châssis sont déplacés, créant pour chaque acte un nouvel espace. L’espace se redessine en musique, soulignant la place particulière que tient celle-ci dans l’œuvre de Tchekhov, et en grande partie sous l’impulsion des comédiens, comme pour montrer combien l’homme agit sur son environnement et est ainsi responsable de son propre enfermement.

Cette mise en scène donne à voir une intrigue presque hors du temps. La scénographie, les costumes et la musique participent à brouiller les pistes : on est dans la Russie du 19ème siècle finissant, tout en frôlant notre temps. Ce cadre laisse entrevoir ce qui se trame de si intemporellement humain durant cet été passé à la campagne. Dynamique et juste, le jeu des comédiens est très chorégraphié. Personne n’est statique dans ce monde où tout est pourtant figé, où chaque personnage semble condamné à rester à sa place : ils sont comme des oiseaux dans une volière. Mais les jeux sont faits. Ces années passées, tout comme les hectares de forêt détruits aux alentours, sont à jamais disparues : désormais, « il faut vivre ».

Vu au Théâtre de la Ville. D’après Oncle Vania & L’Homme des bois d’Anton Tchekhov, adaptation & mise en scène Éric Lacascade, d’après la traduction d’André Markowicz & Françoise Morvan. Avec Jérôme Bidaux, Jean Boissery, Arnaud Chéron, Arnaud Churin en alternance avec Philippe Frécon, Alain d’Haeyer, Stéphane E. Jais, Ambre Kahan, Millaray Lobos Garcia, Jean-Baptiste Malartre, Maud Rayer Maria et Laure Werckmann. Photo de Brigitte Enguerand. 

Tournée 2014 – 2015

- du 8 au 19 octobre 2014, Sceaux, Les Gémeaux
– les 5 et 6 novembre 2014, Saint-Brieuc, La Passerelle
– du 12 au 16 novembre 2014, MC2 : Grenoble
– les 19 et 20 novembre 2014, Quimper, Théâtre de Cornouaille
– du 1er au 5 décembre 2014, Rennes, TNB
– les 8 et 9 décembre 2014, La Roche-sur-Yon, le Grand R
– les 12 et 13 décembre 2014, Théâtre de Saint-Quentin-en-Yvelines

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Publié le 09/10/2014


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